Lettre à Armel Le Cléac’h

Lettre d’un vieil enfant de Saint-Pol (aujourd’hui Animateur de l’architecture et du patrimoine du Pays de Morlaix) à son ami d’enfance.

 

Cher Armel,

 
74 jours 3 heures 35 minutes 46 secondes… une goutte d’eau salée au regard des nombreuses années qui nous séparent de notre jeunesse dorée saint-politaine. Elle était forcément dorée, vue de si loin. Elle l’était, assurément. Nos souvenirs communs baignent dans la balle ronde. Pas le globe légèrement aplati aux pôles que tu maîtrises peut-être mieux (même si toi t’avais le droit aux mains). Pas celui-là, non, car j’ai longtemps oublié que j’habitais près de la mer. Nous avions cette chance pourtant. Les champs et les talus (il y en avait encore) étaient l’horizon. Nos souvenirs, que j’ai donc imaginés communs, ne sont donc pas à Pempoul, dans un optimist. Ta relation avec le foot, puisqu’il s’agit de lui, aura été plus pérenne que la mienne avec la voile. Et peu importe au final que tu sois supporter du Stade Rennais. L’Histoire sait composer avec ce genre de désagrément. Elle s’adaptera avec le temps. C’est aussi comme ça qu’on construit les mythes. Mais l’Histoire sait aussi graver les grands moments. A jamais vainqueur du Vendée Globe 2016-2017.
Ces souvenirs sont aussi sur les bancs de l’école, dans les scotch-pen et les Reynolds 045 (bleu pour les unités, vert pour les dizaines, rouge pour les centaines – un jour on arriverait à 1000!). Compétition en classe, à la récré. On te disait mauvais perdant. Il fallait dire « compétiteur » ou « graine de sportif de haut niveau ». Et tu as conservé cette mentalité de n°1 qui fait aujourd’hui l’une de tes forces.

Près de moi une carte postale des Iles Scilly, 1987. Tu passes de bonnes vacances et il fait beau (la taille de l’écriture et un interligne un peu abusif feront le nécessaire pour que le message soit suffisant). Ces îles qui émergent aujourd’hui à la lecture des biographies fraîchement imprimées et auxquelles tu as fait un clin d’œil inattendu avant la dernière ligne droite.

 
A l’aube de nos 40e rugissants (et nostalgiques – ça s’est vu ?), je t’adresse toute mon amitié et mon admiration. Ma fierté de te voir tout en haut. Celle d’une ville, également, qui nous a tant apporté et qui reçoit aujourd’hui en retour et dans d’autres proportions. Et plus généralement du Pays de Morlaix dont la valorisation constitue notre tâche quotidienne effectuée sans coups d’éclat mais avec passion. Tu lui as offert la plus belle des vitrines.
Mes félicitations, donc, pour cet immense exploit. Je ne peux imaginer le travail et les sacrifices réalisés ces dernières années avec ton équipe. Tu entres aujourd’hui dans l’histoire du sport aux côtés des plus grands.
Profite bien de ce moment avec tes proches.

 
Loïc Quemener,
Et à mes côtés toute l’équipe du Pays de Morlaix devenue, le temps d’un tour du monde, un nid de groupies prépubères.
L’équipe du Pays de Morlaix n’oublie pas la très belle performance de Jérémie Beyou et lui adresse ses plus chaleureuses félicitations.

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